25/02/2018

Monsieur le Conseiller Fédéral Alain Berset a raison !

En effet, comme Monsieur Berset l'a énoncé sur les ondes de la RTS, "la majorité des médecins est victime de la polémique sur les salaires" ! Polémique lancée par qui ? Les accusations formulées sur les salaires des uns et des autres, assureurs, médecins, industrie pharmaceutique etc, ne conduisent qu'à des débats stériles et masquent le vrai enjeu pour nos concitoyens: les coûts de la santé et leur corollaire inévitable, l'évolution des primes d'assurances maladie et accidents qui ont augmenté de près de 20% à Genève en 4 ans ! Certes au plan des salaires des situations particulières devront être réglées ! Mais nous devons à Genève réformer le système de santé, avant que la plupart de ceux qui cotisent ne puissent simplement plus assumer les primes qui vont doubler d'ici à 2030 comme notre office fédéral nous en a averti ! La LAMAL version 2012 donne une grande liberté d'action aux responsables cantonaux de la santé, il faut arrêter d'invoquer la responsabilité exclusive de notre gouvernement fédéral ! Il faut qu'à Genève on utilise cette liberté conférée par la LAMAL pour décider d'une véritable planification cantonale de la santé qui n'existe actuellement pas, ceci en incluant dans la réflexion et l'action qui doit suivre l'ensemble des acteurs : les HUG, les cliniques privées, les médecins de la ville et du canton, les autres soignants, et les assureurs qui doivent être rassemblés et dirigés par l'autorité politique dans le débat sur les coûts de la santé et la volonté de les maîtriser. Le politique, et c'est sa mission comme élu du peuple, doit gouverner et prévoir, et dans cette situation précise, au vu de la situation actuelle et du risque imminent, doit déterminer des buts clairs aux acteurs réunis concernés, fixer les axes indispensables de la collaboration public-privé (la volonté même exprimée dans la LAMAL !), établir une feuille de route, afin de parvenir enfin à contrôler les coûts de la santé dans un canton qui en a un besoin urgent ! Nous sommes le canton qui verse la plus haute subvention cantonale de Suisse par cas et par an pour un patient hospitalisé en soins aigus : 7652.- CHF (un total de 398'853.- CHF par lit, par an), comparativement à la moyenne nationale qui est de 2094.-CHF (un total de 111'943.-CHF par lit, par an), et beaucoup plus que le canton de Zürich par exemple où elle est de 1196.-CHF !!! Une subvention par cas la plus haute de Suisse, 3,6 fois plus élevée à Genève que la moyenne nationale, ce qui correspond aussi à Genève à 1082 .-CHF par habitant et par an pour une moyenne nationale de 310.-CHF ! Il est grand temps de réagir et de réformer notre système genevois, avec comme buts le maintien de la qualité des soins, le respect de la situation de l'ensemble des soignants et le contrôle des coûts ! Des solutions pragmatiques existent, déjà utilisées ailleurs : elles passent par une réorganisation des itinéraires des patients, une répartition différente des pôles de compétences entre public et privé, la conclusion de contrats précis avec le secteur privé incluant le contrôle de qualité et celui des coûts, le développement de la prise en charge en ambulatoire (bien moins chère !) lorsque cela est possible, ainsi que l'évolution des HUG vers une forme de sportif ayant plus de muscles que de graisse et qui deviennent ainsi un athlète agile et compétitif au plan local et national tout en étant moins cher ! Faute d'accomplir rapidement ces changements, la situation financière des ménages deviendra impossible, et des coupes majeures et improvisées devront être décidées dans l'urgence, coupes qui prétériteront la qualité des soins et le respect des soignants ! Agir maintenant plutôt que de tenter de soigner bientôt, en urgence et sans préparation, telle est ma vision. 

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